samedi 4 juin 2011

évocation de la bibliothèque d'Alexandrie 

DEMAIN L’AFRIQUE SERA AMNESIQUE!

Par Elvis G. MAKOUEZI

Tout est en bonne voie… pour que l’Afrique de demain soit amnésique. Car l’amnésie n’est autre que la diminution ou la perte de mémoire.

Tout d’abord, Vers l’an 642 après Jésus Christ la plus grande bibliothèque du monde, la bibliothèque d’Alexandrie en Egypte (Afrique) fut détruite par un incendie. Jusqu’à ce jour, des doutes subsistent à propos de l’origine de cet incendie. Certains écrits allant jusqu’à la négation de l’existence de cette bibliothèque Fondée en 288 avant Jésus Christ soit en -288 de notre ère. Si cette destruction est reconnue par les uns comme une perte pour l’humanité, il est sur et certain qu’elle est une perte énorme et irremplaçable pour l’Afrique.

Aujourd’hui au 21ème siècle, l’environnement est très différent. Le monde qui vit sous l’ère de la communication connait des bouleversements énormes. Les Etats les plus puissants réunis autour du G8 et G20 se regroupent entre eux pour mieux assoir leur domination, imposer leur puissance, défendre leurs intérêts et aussi pour mieux imposer leur philosophie particulièrement : celle de diviser pour mieux régner ou parfois sous prétexte d’apporter la démocratie qui en fait est aussi la défense des intérêts économiques et financiers. Ou encore à imposer leur vision du monde ou conception du monde de gré ou de force. Même regroupées, tous ces pays reconnus sous le vocable de puissances n’ont pas une force égale. Les plus forts s’imposent naturellement aux autres ou nouveaux venus et font parfois fi de valeurs morales. En cas de conflits armés les vaincus subissent la loi du plus fort jusqu’à l’humiliation. Ce qui anéanti la volonté de résister de certains et fait déraper les autres vers l’extrémiste avec des moyens souvent dérisoires puisque coupés de leurs alliés potentiels.

2011 est une année spéciale pour l’Afrique. Période triste pour les uns mais riche pour les autres. Tout dépend du coté où l’on se trouve. De l’Egypte à la Tunisie, De la Cote d’ivoire à la Lybie. Selon ses sources d’informations et sa capacité d’analyser les évènements, Que l’on soit du coté des manifestants révolutionnaires pacifiques ; des rebelles soutenus militairement par les puissances étrangères à l’Afrique ou que l’on soit du coté des africanistes réclamant l’indépendance et l’arrêt du pillage des ressources de l’Afrique, certaines parties défendent leurs causes ou intérêts qu’ils présentent comme ceux des autochtones avec des arguments pas toujours convaincants du point de vue intellectuel mais aussi historique.

Face au monde entier, les arguments des uns et des autres sont étalés via les supports de communication modernes qui sont : Internet dont facebook, les sites proches des pouvoirs en place y compris dictatoriaux ou ceux de l’opposition.

Aujourd’hui, L’importance de l’internet fait que les supports d’antan comme la presse écrite, la télévision, la radio y font maintenant partie. C'est-à-dire que chaque organe de presse, pour ne pas dire toutes les masses médias mais aussi le citoyen lambda via son blog personnel, son compte facebook ou twitter sont devenus dépendants d’internet.

Jusque là rien d’anormal, c’est l’époque ou le progrès qui l’exige. Et l’Afrique qui ne vit pas en autarcie est obligé de suivre ce progrès. Or là où l’africain devrait prendre conscience c’est le fait de la spécifité de son continent. Ce continent a subit les plus grands fléaux du monde à savoir : La traite négrière, la colonisation, les guerres, les famines, les maladies, les pillages de ressources naturelles etc.…

Ce n’est pas par hasard que certains héritiers, complices et bénéficiaires de nombreux de ces fléaux, qui au passage ne les comdamnent pas, exigent à l’africain d’aujourd’hui de regarder devant et de ne pas toujours se retourner vers ce passé (qui est plus gênant pour eux en tant que coupable ou complice que pour l’africain qui en est victime).

L’autre spécificité de l’Afrique est que l’histoire pendant des générations s’est transmise de bouche à oreille ce qui a tendance à se perdre au profit des nouveaux moyens de communication. Même les nombreuses heures de communications passés par les africains à l’aide des téléphones portables et des différents forfaits proposés par les opérateurs sur les lignes fixes, donnent l’information en instantané, mais elles ne l’archivent pas. La justice, la police et les operateurs ont plus de possibilités de disposer de ces basses de données que l’utilisateur africain ou autre.

En ce siècle de la communication, si l’africain a la maitrise de l’utilisation de nouveaux moyens de communication, il n’en a pas la maitrise complète. Certains africains fiers jurent, croient en leur âmes et conscience et font croire que l’Afrique a la maitrise de cette technologie. Ils oublient une chose que la dernière réunion du G8 tenue en mai 2011 à Paris devraient les interpeller et au-delà rapeller tous les africains et leur faire prendre conscience que tout est bien partie pour…que L’africain soit demain amnésique.

Cette réunion à donner une place particulière aux géants de l’internet en leur demandant de s’associer à défendre certains intérêts communs et d’être du coté de la loi.

En réalité et dans les faits, durant les derniers conflits en Afrique particulièrement en cote d’ivoire certains africains mettant en cause ou insultant la politique française et les dirigeants africains pour leur partialité dans ce conflit, ont vu leurs comptes supprimés et leurs messages via post supprimés. En Egypte, lors des derniers évènements de cette année 2011 ayant entrainé le départ du raïs, l’un des griefs reprochés aux dirigeants sortant par les manifestants était entre autre : la tentative de blocus imposée aux internautes pour essayer de couper toute communication interne et extérieure du pays.

L’Africain d’aujourd’hui se douterait il que dans l’avenir par exemple, que ses intérêts soient divergents de ceux du G8 par exemple ? Et si pour des raisons d’intérêts, les géants de l’internet dépositaires de nombreuses bases de données y compris personnels (les photos de familles, les archives, les contenu des post, les textes avec leurs arguments, leurs preuves historiques apportées par les uns et les autres, etc.) s’alignaient sur la position ou les recommandations de G8 et G20, que se passera t-il ?

A supposer que les données relatives à l’Afrique se perdent, ou soient effacées car ne dépendant pas de l’africain lui même ou qu’il y’ait une sorte moderne de l’incendie de la Bibliothèque d’Alexandrie. Que restera t-il à l’Africain soit disant détenteur de la maitrise de cette technologie ?

Il ne restera plus qu’à l’africain intellectuel ou pas, de regretter de ne pas avoir vu venir les choses ou plutôt de ne pas avoir vu venir l’amnésie. Pour l’instant, l’un des moyens pour éviter d’en arriver là s’il n’est pas déjà trop tard, c’est de concilier la modernité à la tradition et aussi de ne pas renvoyer aux calandres grecques les supports d’antan et l’oralité. Car il revient aux africains d'être les gardiens de leur histoire aussi douloureuse soit elle. Que soit le partage de l'Afrique à Berlin en 1885, L'Apartheid en Afrique du Sud, le génocide rwandais, la cote d'Ivoire, L'Egypte, La Tunisie, Le Congo de Lumumba...
Ce qui évidemment n'est pas incompatible avec le progrès.

Elvis G. MAKOUEZI

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