jeudi 28 juillet 2011

LES EPREUVES INITIATIQUES CHEZ LES BANTU DE BERNARD BAKANA KOLELAS.


C'est un essai publié par Bernard Kolélas aux Editions MENAIBUC en 2007. Il est le produit d'une recherche passionnante réalisée depuis la cellule de la prison de Ouesso, dans la Sangha au Nord Congo. En effet en mars 1970 , Bernard Bakana Kolélas est déporté dans la capitale de la Sangha pour purger ses années de condamnation à perpetuité. Sa déportation dans cette région du Congo faisait suite au coup d'état de Pierre Kinganga du 23 mars 1970 , et le président Marien Ngouabi avait justifié cela par des raisons de sécurité. Mais ce fut tout à fait le contraire lorsqu'il arriva à l'aéroport de cette ville , les gens l'avaient pris pour Pierre Kinganga et il fut agressé physiquement par une foule de personnes . Bernard Bakana Kolélas avait eu la vie sauve grâce à la dextérité du président Marien Ngouabi. C'est ainsi que déclarait Mathieu Mounikou dans sa préface, " Ainsi , une personnalité politique , et non des moindres, a su mettre à profit son temps de pénitence pour non seulement observer les hommes et les femmes autour de lui, mais s'immerger dans leur univers. Il a su s'attacher des informateurs fiables auprès desquels il a recueilli des renseignements précieux sur la société formée par les kwelé, un peuple de la Sangha, aux confins septentrionaux du Congo. On imagine sa patience et son obstination pour se faire ouvrir les portes du secret des sociétés de l'ombre . On devine surtout une quête humaniste derrière sa soif des principes et des méthodes de l'éducation traditionnelle africaine ".
Bernard Kolélas déclarait lui même ce qui suit, pour expliquer l'origine de son idée d'engager une recherche aussi rigoureuse : " Je garde une mémoire particulière de mes trois années de prison , de 1970 à 1973 , au coeur du pays kuelé, dans la Sangha. En effet , c'est de ma détention à Ouesso et de l'amitié dont m'honorèrent des co-détenus autochtones qu'est née ma profonde curiosité pour la culture dont j'étais en quelque sorte, l'hôte forcé. Ma fréquentation de cette culture à travers des hommes qui en étaient pétris , et les rapprochements que je ne pouvais manquer de faire avec mes propres référence culturelles me conduisirent à l'étape du questionnement ; seule une investigation systématique de ce monde , relativement nouveau pour l'homme du sud que je suis, pouvait m'apporter des éclairages enrichissants. C'est là l'origine de cette étude sur la tradition kwelé de la formation de l'homme par le canal de la circoncision rituelle ou Beka. Qu'il soit bien clair , toutefois, que le choix de ce thème ne doit rien au hasard. Ceux qui sont au courant des idéaux qui guident mon combat savent quel prix j'attache à l'homme et à son épanouissement. L'homme , artisan d'une société future qualitativement meilleure, en est aussi la finalité. Le voilà donc au début comme au bout d'un processus devant lui permettre de recouvrer sa plénitude , de transformer en qualités effectives ses riches vitualités , ses étonnantes potentiatlités. ...............L'homme passe l'homme infiniment , écrivait Blaise Pascal. "
L'apôtre du développement intégral qui postulait l'homme total nous laisse un livre formidable que les décideurs africains se doivent d'exploiter. La réflexion sur quel système éducatif pour l'Afrique trouve sa place au régard contemporain des faiblesses que l'on relève dans la majorité des pays africains dans ce secteur . Parlant de l'école africaine , Bernard Bakana Kolélas déclarait que " l'école africaine moderne est naturellement un moule par lequel passent les générations de la relève, Sa vocation est d'être un système intégré, répondant aux besoins profonds de l'Afrique, tout en étant attentive aux courants qui marquent l'histoire présente de l'humanité. Un système intégré, disons nous , à l'instar de l'éducation traditionnelle. Comme celle-ci , l'école d'aujourd'hui doit devenir à la fois un facteur d'intégration, de cohésion sociale et de maîtrise du développement , l'école africaine moderne doit être au service de l'homme, de la personne humaine. Nous ne parlons pas ici d'un homme unidimensionnel, fragmenté en homo sapiens, homo faber, home economicus et technicus. Nous ne parlons pas d'un type d'homme éclaté en compétences particulières . Nous parlons de l'homme total, intégral " .

1 comments:

Paari a dit…

Mais savez-vous pourquoi le Président Marien Ngouari n'avait-il pas fait exécuter Bernard Kolelas?