Pensée africaine - Culture Bantu – Philosophie Kongo
Amicale Pour l'Amour et le Développement de l'Afrique
Association Union Pour l'Afrique
Balubula ba Ndulu
Avec qui aider Petit Matondo?
Balubula ba Ndulu
Brazzaville, 01/09/2011
Petit Matondo, de retour des champs, accompagné de sa mère, je l'ai vu marcher pieds nus sur du sable brûlant des sentiers, un lourd fagot de bois sur sa tête.
Petit Matondo de retour des champs marchant pieds nus sur du sable brûlant
A quelques mètres derrière sa mère, il préfère porter sa paire de sandales par les bras et rester ainsi les pieds nus pour mieux hâter les pas.
Assez étonnant, le sable chauffé par un soleil qui verse ses derniers puissants rayons avant de s'engloutir et disparaître dans les fonds de l'ouest, ne dérange nullement petit Matondo.
Question d'habitude, certainement, car un non habitué, moi-même y compris, ne peut supporter cette chaleur sous ses pieds nus. Scrutant l'environnement naturel, pointant l'horizon avec ses yeux, petit Matondo marche à pas pressés, les effets de charge du fagot de bois posé sur sa tête sont amortis par une couronne de tissu bien enroulé.
Petit Matondo ne connaît pas une autre langue que le Kongo, sa langue natale ou maternelle, qu'il sait déjà manier. Il ne fréquente pas l'école, préférant suivre sa génitrice, l'accompagner au champ, l'aider au maximum de ses capacités et moyens. Le bois, c'est le seul produit de survie pour sa famille.
Je viens de visiter les plantations du célèbre Loumoungui, un agronome connu pour son expertise dans le greffage des plantes et sa maîtrise de la terre.
Avant la guerre qui a longtemps paralysé le Congo Brazzaville, papa Loumingou habitait le village Kingémbo et en était le chef, à près de 100 kilommètres de la capitale.
C'est dans cette contrée des terres arrosées par Lualu qu'il développait ses techniques agricoles et transmettait son savoir ancestral par l'enseignement pratique de terrain.
Mais les exactions des guerriers le poussent à opter pour l'exode rural. Il fuit son village, abandonne ainsi ses habitants, ses élèves et ses vergers pour s'installer à Mayanga, un nouveau quartier qui s'étend au sud de Brazzaville.
Mu sampa » ou la paillotte, abri de repos et de refuge de papa Loumoungui
Chemin de retour faisant avec l'expert, satisfait que je suis de la visite de son nouveau terrain planté d'arbres fruitiers, situé en pleine campagne, loin au-delà de Mayanga. Emerveillé aussi par ce que je viens de vivre et par tant de découvertes :
- Un verger bien entretenu et comblé des safoutiers et avocatiers, des manguiers et orangers, des mandariniers et des citroniers, des corosoliers et des papayers, des colatiers er des cannes à sucre, des plantes de manioc et des ananas, des tomates et divers produits du jardin.
- Une termitière à l'entrée du verger, qui marque le naturel sauvage du milieu et s'efforce à rattraper la taille des arbres.
- Un ruisseau, qui arrose l'ensemble du verger
- Une source d'eau naturelle offre de l'eau pure et potable.
Durant tout le parcours, notre conversation se focalise sur les immenses potentialités en ressources agricoles (jeter une graine et revenez quelques mois après, la graine aurait déjà germée.
C'est dans ces circonstances que, à la croisée des sentiers, notre duo rencontre le trio qui arrive à la file indienne:
la mère de l'enfant balise le chemin sous l'oeil gardien de son fils qui arrive juste derrière, suivi d'une deuxième femme.
Spontannément, j'amorce un dialogue avec petit Matondo. Au départ, celui-ci qui semble ignorer notre présence, garde son rythme et son élan de marche, à la manière d'un courreur qui fonce avec un seul but dans la tête: être le premier à l'arrivée.
« Toi mon petit, comment tu t'appèles?
« Il s'appèle Matondo» , répond la mère à la place de l'enfant
« Matondo, pourquoi tu portes une charge si lourde ?
« C'est lui-même qui fait ses paquets de bois, bien que je m'y oppose»
, répond de nouveau la maman, le temps que petit Matondo cherche une réponse dans sa tête.
« Matondo, pourquoi tu veux à tout prix porter cette lourde charge sur ta tête? »
« Matondo, pourquoi tu veux à tout prix porter cette lourde charge sur ta tête? »
« Mon paquet bois je vais le vendu. Il peut rapporter 100 à 200 francs CFA
(1 euro = 655 FCFA). Avec cette somme d'argent, ajoutée à la valeur du gros paquet que porte ma mère sur sa tête, tout cela va totaliser une somme qui va assurer notre repas de la journée. »
« Matondo, je t'ai compris et je te comprends. Est-ce que tu vas à l'école?
« Non, impossible de laisser ma mère seule venir chercher du bois dans la forêt. Que deviendrait-elle sans ma présence et mon aide? »
Petit Matondo est déjà responsable à son âge! Ses paroles touchent tous mes sens et mon corps aussitôt frissonne d'une étrange émotion.
A peine si je ne pleure quand ses yeux, sans sourciller, fixent les miens avec le regard d'un grand juge, comme pour vouloir dire
« Que veux-tu que je fasse d'autre, quand je sais que je suis condamné à l'endurance et à lutter contre nos souffrances ? » Petit Matondo devant sa mère
Après ce moment de pose, petit Matondo poursuit sa route, cette fois-ci au devant de la file
(Mayanga est déjà visible), son fagot de bois sur la tête, le pas pressé pour vite regagner Mayanga avant la tombée de la nuit, surtout d'arriver à vendre son paquet de bois ce jour même .Préoccupé par la survie, petit Matondo ignore :
- qu'il est « pétrolier », que son pays vit dans la convoitise des pays avancé en industrialisation
- qu'en coupant le bois de la forêt qui lui permet de survivre, il participe directement au phénomène de déboisement qui accélère la désertification de sa région, de son pays et du monde dans sa globalité
- que la scolarisation des enfants est nécessaire et obligatoire, c'est à travers celle-ci qu'il peut devenir un bon dirigeant et un excellent gestionnaire, l'un de ceux-là qui amèneront demain un développement propre et effectif dans leur pays, le Congo.
- Lorsqu'on se sépare, je lui dis naturellement«matondo ». Il me fixe avant de répondre, avec un sourire malicieux, « matondo », pour me faire comprendre que Matondo c'est bien lui.
En fait«matondo », quasiment dans toutes les langues du Congo, veut simplement dire « merci ».
Petit«Matondo » ou petit « Merci » est alors prédisposé à être reconnaissant envers tous ceux qui lui apporteraient tout soutien capable de l'extraire de la misère et de l'aider à se scolariser, comme doivent l'être tous les enfants de son âge.
Toute personne qui souhaite venir en aide à petit Matondo peut contacter l'association Union Pour l'Afrique ou le groupe Amicale pour l'Amour et le Développement de l'Afrique :
Tél: 06 69 94 63 74 e-mail : masobidi@free.fr

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